"L'amour que l'on porte à nos amis se trouve au-delà des mots " Paulo Coelho

Ma future destination ….dans 3 mois


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Peu de lieux tiennent aussi intensément du mythe. De son passé souvent glorieux, parfois sombre, cette pépite garde sa mémoire et ses fantômes.

Son nom vient de l’arabe « janj el-bar », la « terre des Noirs », et en français, on la surnomme l’« île aux épices ». Une île qui fit rêver plus d’un auteur. « J’irai parce que le désir de Zanzibar me barre la vue des rivages les plus accessibles »,écrivait ainsi Nathalie de Saint Phalle dans son ouvrage « Hôtels littéraires. Voyage autour de la Terre ». Plus d’un siècle avant, Arthur Rimbaud mentionna plusieurs fois dans sa correspondance son désir de s’y rendre mais sans jamais y parvenir. Tout comme Joseph Kessel, qui l’évoqua à regret dans son roman « Le Lion ». Sans doute cette aura vient-elle d’un morceau de terre « du bout du monde » et riche d’une histoire particulièrement longue et complexe. Celle d’un archipel qui connut, au fil des siècles, le commerce de l’esclavage, la culture intensive du clou de girofle, la domination perse, omanaise ou britannique. Autant d’événements qui s’entremêlent, marquent Zanzibar et procurent une étrange sensation : d’un site à l’autre, l’île offre un saut perpétuel dans le passé.

Il y a plusieurs siècles, on y arrivait par dows, ces boutres arabes en bois et typiques de l’océan Indien. Aujourd’hui, l’avion a la préférence. Mais, à peine arrivé à l’aéroport et malgré sa modernité, un petit détail retient l’attention, un antique tableau en plastique jauni affiche les vols et les horaires écrits à la main au marqueur bleu. Une rupture espace-temps qui en annonce d’autres dès les premiers kilomètres. A Mbweni, entre l’aéroport et Stone Town, la ville principale, surgissent les ruines fantomatiques d’un vaste bâtiment. Ce sont les murs de ce qui fut l’école St. Mary, une mission construite en 1874, chargée d’accueillir les esclaves libérés. Pas âme qui vive, un calme absolu à peine perturbé par les oiseaux. Mais, contre toute attente, un hôtel a installé une annexe pour des cours de yoga dans une partie des ruines. Un anachronisme iconoclaste que seule une telle île peut générer.

Au fil du voyage, les découvertes se poursuivent. Sur la pointe nord de l’île, à Nungwi, se cache le chantier de construction des dows, comme il y a près de mille ans dans tout l’océan Indien : aucun outil mécanique, des haches, des couteaux, ces cordes et surtout trois mois pour construire un dow de 8 à 9 mètres… Ou encore, dans le sud-est, près de la baie de Menai, Muyuni, un des rares villages typiques des peuples swahilis. Hormis l’électricité qui tente péniblement de s’implanter et quelques paires de baskets aux pieds des hommes, il a peu changé. Les maisons de torchis et de bois sont là, les tenues traditionnelles aussi, dont le kanga, porté par les femmes.

Ivoire, perles, épices et plages

Mais c’est surtout à Stone Town que le dépaysement et le charme temporel opèrent. En 1725, le roi swahili Mwinyi Mkuu Hasan fit bâtir sur un ancien village de pêcheurs les fondations de cette ville qu’on nomme aussi « Zanzibar ». Stone Town se révèle un concentré de toute l’histoire d’une île qui fut un important carrefour commercial entre l’Afrique, l’Asie et l’Orient, et connut plusieurs périodes fastes grâce au commerce du bois, de l’ivoire, des perles, de la soie et bien sûr des esclaves et des épices. Dans les rues, des architectures swahilies, omanaises, indiennes ou coloniales britanniques témoignent de tous ces épisodes. En y cheminant, on retient surtout l’atmosphère créée par les murs blanchis à la chaux que l’humidité tache d’immenses fleurs vert-de-gris ou par les balcons ciselés, au style typiquement indien. Nombre de palais tombent en ruine, mais leurs portes en bois richement travaillées subsistent, quasi intactes. Elles avaient pour but de signifier la richesse des propriétaires, bien souvent marchands d’épices ou d’esclaves. Il suffit, au détour d’une rue étroite, d’apercevoir l’une d’elles pour remonter le temps et se retrouver au XIXe siècle, dernier âge d’or de Zanzibar.

Même sentiment quand, près de la cathédrale Saint-Joseph, on descend dans les « chambres » où s’entassaient jusqu’à 75 femmes et enfants dans 25 mètres carrés dans l’attente d’être vendus. Rien n’a bougé, les anneaux pour attacher les chaînes, la vétusté tout autant. L’essor de Zanzibar passa aussi par là… Pour témoignage, il faut lire la correspondance du docteur Livingstone, conservée au musée qui lui est dédié.

Mais Zanzibar, c’est également l’évasion qui se décline aujourd’hui sur les sables de l’île, en mode resort de luxe, comme à l’hôtel The Residence (voir ci-contre). L’île accepte cette nouvelle donne sans renier sa poésie qui a ému les écrivains-aventuriers comme Richard Francis Burton et Henry Morton Stanley. On se plaît à suivre leurs traces ou à se glisser dans la peau d’Evelyn Vaugh ou de Jean Rolin, qui séjournèrent dans des lieux mythiques comme le fameux hôtel Africa House. Cet ancien club anglais a été rénové pour rester « dans son jus », à l’image de l’Emerson Spice, un des meilleurs restaurants de la ville, du Coffee House Hotel, réputé pour ses cafés, et du très chic 236 Urumzi. Autre atmosphère où le temps s’est arrêté, le Tembo House, originellement consulat américain, et l’hôtel Serena, propriété de l’Agha Khan. Ce dernier aurait-il aimé être le dernier roi de Zanzibar ? On lui doit en tout cas de grandes rénovations grâce à sa fondation, l’Agha Khan Development Network (ou AKDN). Le mythe de Zanzibar passe aussi par ses philanthropes.

Johanne Courbatère de Gaudric
1321716632Zanzibar Nungwi plage

La plage où je pourrais rêver, me relaxer ….un peu de patience mais avant plusieurs stages de formation en médecine chinoise dont uin ‘une semaine en avril.Il va me falloir un peu de patience mais que c’est bon de pouvoir rêver et de construire des  » châteaux en …Zanbibar  » !!!

5 Réponses

  1. Je te souhaite une très bonne découverte de cet archipel ! J’ai beaucoup aimé. D’autant que j’y allais pour découvrir l’esclavage de l’océan indien qui fait partie du nouveau programme des 5èmes. Mais j’ai surtout aimé Pemba qui est moins touristique. Bon voyage ! Amicalement

    06/03/2016 à 20 h 02 min

  2. Paul et Louisette

    Quel plaisir d’avoir cette belle perspective!Vivre dans l’attente du projet c’est déjà voyager…Nous vous envions et nous vous félicitons pour votre dynamisme..

    08/03/2016 à 10 h 43 min

  3. Totalement d’accord avec paul et louisette ! Lorsque je prépare un voyage, je voyage déjà ! Quand je reviens je voyage encore, mon blog le prouve n’est-ce pas ?😉😃

    08/03/2016 à 14 h 11 min

    • Tu sais, je suis déjà partie dans ma tête, en lisant des documents, en cherchant des renseignements d e toutes sortes sur Zanzibar et bien sur, je continuerai à voyager aprés mon retour en écrivant mon blog qui est une belle prolongation du voyage, tout comme tu le sais si bine le faire.;L’attente ne sera pas trop pénible car j’ai un stage d’une semaine pour ma formation en médecine chinoise en avril, et un autre en mai de trois jours, le départ est prévu pour le 18 juin.et le quotidien est assez accaparant entre mes cours de Q Gong comme animatrice, beaucoup de rendez -vous pour mon mari à La Salpétrière, de quoi ne pas voir le temps passer !

      08/03/2016 à 15 h 23 min

      • Bonne préparation et bon courage !! Amicalement 😄

        08/03/2016 à 18 h 27 min

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